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Vitesse 120 chez Tibhar, 9 chez DHS : pourquoi les notes de revêtements ne se comparent pas

Par La rédaction · 11 octobre 2026 · 7 min de lecture

Vous jouez en Rakza 7 depuis deux saisons et la Dignics 09C vous fait de l'œil. Vous ouvrez les deux fiches techniques, vous comparez la vitesse, le spin, la dureté… et vous venez de perdre votre temps. Les chiffres des fabricants ne parlent pas la même langue. Voici comment s'en sortir, et comment un outil comme Antitop fait la conversion à votre place.

« Une note de fabricant situe un revêtement dans la gamme de sa marque. Elle ne dit rien de sa place face à la concurrence. »

Chaque marque a sa propre règle graduée

Ouvrez trois catalogues et regardez la colonne « vitesse ». Chez Butterfly, une plaque offensive tourne autour de 13. Chez Tibhar, les valeurs dépassent 120. Xiom affiche des notes autour de 85, et DHS note sur 10. Il n'existe aucune norme commune : chaque fabricant mesure avec son propre protocole et publie sur sa propre échelle.

Ces chiffres ne sont pas faux pour autant. Ils permettent de classer les plaques d'une même marque entre elles : chez Tibhar, une plaque notée plus haut qu'une autre est bien plus rapide qu'elle. Mais dès qu'on passe d'une marque à l'autre, la comparaison ne tient plus. Un 88 chez l'un et un 88 chez l'autre n'ont, a priori, rien en commun.

C'est pourtant exactement ce que font la plupart des comparatifs et une bonne partie des discussions de vestiaire : mettre côte à côte la vitesse d'une Yasaka et celle d'une Butterfly, et en tirer une conclusion.

La dureté de mousse : trois pays, trois échelles

Raquette de tennis de table posée sur une table bleue, la tranche laisse voir le bois et l'épaisseur du revêtement

La mousse, c'est l'éponge collée sous la feuille à picots. Sa dureté se mesure en degrés, et là encore, chacun a son thermomètre. Les marques japonaises comme Butterfly utilisent une échelle, les chinoises comme DHS une autre, les européennes une troisième. Résultat : 36° japonais, 39° chinois et 47,5° européens désignent des mousses de dureté proche.

Pour s'y retrouver, on utilise des conversions approximatives : degrés japonais × 0,7 + 22, et degrés chinois + 9, pour obtenir l'équivalent européen. Ce ne sont pas des mesures de laboratoire, mais elles suffisent à éviter les gros contresens. Exemple : la Dignics 09C est annoncée à 44°, la Rakza 7 à 45°. Sur le papier, un degré d'écart. Une fois converti, la Dignics passe à environ 53° européens : la vraie différence est de huit degrés.

Et huit degrés, ça se sent. Une mousse tendre, sous 42° européens, pardonne et accroche facilement la balle même avec une vitesse de bras modeste. Une mousse dure, au-delà de 48°, encaisse les grosses accélérations mais demande un geste ample et engagé. Passer de l'une à l'autre sans le savoir, c'est se retrouver avec une plaque qui ne « rentre » pas dans la balle tant qu'on ne frappe pas fort.

Les tops 10 et les avis de forum, à prendre avec des pincettes

Le classement des revêtements les plus vendus dit surtout ce qui est populaire. Il ne dit rien de ce qui convient à votre jeu. Une plaque pensée pour un attaquant à 2 000 points peut devenir un handicap pour un joueur qui bloque beaucoup en revers.

Le matériel des professionnels brouille aussi les pistes. Les joueurs du circuit jouent ce que fournit leur sponsor, parfois dans des versions spécifiques, comme les Hurricane « National » de DHS, différentes de celles qu'on trouve couramment en boutique. Ce que vous voyez à la télévision n'est pas forcément ce que vous achetez.

Quant aux avis de joueurs, ils valent ce que vaut le contexte de celui qui écrit. « Excellent contrôle » sous la plume d'un joueur à 2 200 points, avec un bois tout bois et une épaisseur de 1,8 mm, ne veut pas dire la même chose pour un joueur à 900 points en bois carbone et épaisseur maximale. Sans le niveau, le bois et le style de l'auteur, un avis reste une impression.

La bonne méthode : partir de ce que vous jouez déjà

Le seul revêtement que vous connaissez vraiment, c'est celui qui est collé sur votre raquette. C'est donc lui qui doit servir de référence. Plutôt que de chercher la plaque « la plus rapide » dans l'absolu, posez-vous des questions relatives : celle-ci est-elle plus rapide que la mienne ? A-t-elle plus de spin ? Une mousse plus dure ou plus tendre ?

Pour y répondre, il faut ramener toutes les marques sur une même échelle. La façon la plus solide consiste à fixer, dans chaque marque, quelques revêtements de référence bien connus à une valeur commune, puis à placer les autres plaques de la marque par rapport à eux. On obtient une note sur 10 qui, cette fois, se compare d'une marque à l'autre.

Reste ensuite à croiser ces valeurs avec votre façon de jouer. Un joueur qui tope tôt, dès que la balle monte, a besoin de spin et d'un peu d'arc. Celui qui frappe à plat cherche de la vitesse et une mousse ferme. Celui qui bloque et pousse veut du contrôle avant tout. Et le niveau compte : sous 1 000 points, une plaque trop rapide fait plus de fautes qu'elle ne gagne de points.

Cas concret : de la Rakza 7 à la Dignics 09C

Prenons un joueur à 1 350 points qui tope tôt en coup droit, avec une Rakza 7. Il lorgne la Dignics 09C, l'une des plaques les plus en vue du moment, vendue autour de 80 € contre 37 à 53 € pour sa Rakza 7.

Une fois les deux plaques ramenées sur la même échelle, le tableau est clair. Vitesse quasi identique (8,4 contre 8,5). Un peu plus de spin (9,6 contre 9,0). Un peu moins de contrôle (7,4 contre 8,0). Et surtout une mousse nettement plus dure, avec ces fameux huit degrés d'écart.

Pour son jeu, le changement se tient : le gain de spin colle parfaitement à un top précoce, et c'est ce qui compte le plus pour lui. Mais il doit savoir qu'il achète une mousse bien plus exigeante. Si son geste reste court ou s'il manque de vitesse de bras en fin de match, la Dignics 09C pourra lui sembler moins tolérante que sa Rakza. Les fiches techniques ne lui auraient jamais montré ça.

Antitop, un outil qui remet les marques à égalité

Faire ce travail de conversion à la main, plaque par plaque, est fastidieux. Antitop le fait pour vous. Cet outil gratuit compare 493 revêtements et 87 bois de 15 marques, tous ramenés sur une échelle commune, avec les duretés converties en degrés européens.

Le principe est simple. Vous indiquez votre niveau ou votre nombre de points, votre jeu en coup droit et en revers, votre distance à la table et votre bois. Vous pouvez aussi renseigner votre raquette actuelle : chaque fiche du catalogue vous dit alors ce qui change par rapport à ce que vous connaissez. Le diagnostic propose ensuite trois plaques par face, avec un pourcentage de compatibilité et l'explication de chaque point gagné ou perdu.

Ce qui rend l'outil crédible, c'est sa transparence. Les règles de calcul et les références utilisées pour chaque marque sont publiées, les valeurs d'origine des fabricants restent consultables sur chaque fiche, et le site ne vend rien. Il assume aussi ses limites : le pourcentage ne connaît ni votre bras ni votre entraîneur. Il sert à établir une liste courte, pas à décider à votre place.

Avant de passer commande

Raquette de tennis de table au revêtement usé et balle orange posées sur une table

Vérifiez d'abord que vous avez vraiment besoin de changer de modèle. Un revêtement usé perd son accroche, surtout sur les balles coupées, et donne l'impression d'une plaque devenue « morte ». Bien souvent, une plaque neuve de la même référence suffit à retrouver ses sensations, pour beaucoup moins cher qu'un saut vers le haut de gamme.

Pensez ensuite à l'ensemble de la raquette. Une plaque rapide sur un bois déjà très offensif peut vite devenir incontrôlable, alors qu'un bois plus lent compense. L'épaisseur joue aussi : une mousse en 2,0 mm offre plus de contrôle qu'en épaisseur maximale.

Enfin, laissez-vous le temps de l'adaptation. Changez une face à la fois, évitez de le faire à la veille d'une journée de championnat, et comptez quelques semaines d'entraînement avant de juger. Pour des échanges plus détendus en dehors du club, certains bars avec table de ping-pong font très bien l'affaire.

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