FC Barcelone – Espanyol : histoire d’une rivalité

L’histoire entre le Barça et l’Espanyol

La rivalité entre le FC Barcelone et l’Espanyol commence en 1901 avec la première confrontation de l’histoire entre les deux clubs. Ce premier derby dans le monde amateur offre la victoire aux Blaugranas du FC Barcelone. Le premier derby professionnel est disputé en 1929, en même temps que la création du premier Championnat d’Espagne. Le Barça remporte de nouveau ce match.

Les débuts entre les deux équipes barcelonaises sont très cordiaux mais les deux clubs montrent une différence notable dès la fondation. Hans Gamper, un suisse crée le club « blaugrana » tandis que les fondateurs de l’Espanyol décident de nommer le club « sociedad española de futbol« .

Les plus grands derby’s entre les deux équipes catalanes ont lieu dans les années 20 avec le Championnat de Catalogne. L’Espanyol peut compter sur son gardien légendaire : Ricardo Zamora (cf : c’est le nom du trophée du meilleur gardien de la Liga), du milieu Crisanto Bosch et du fameux défenseur Ricardo Saprissa. Du coté du Barça, l’attaquant philippin, Paulino Alcantara fait des siennes. Tout le peuple catalan se déplace pour assister à ce derby chaud, compilé de nombreuses bagarres, que ce soit dans les tribunes où sur le terrain.

Un derby déséquilibré

Dans les années 50, les derby’s sont de plus en plus déséquilibrés et le FC Barcelone profite de sa notoriété et de son niveau de jeu pour lutter contre la domination du Real Madrid. Néanmoins, c’est en 1950 que l’Espanyol bat sévèrement le Barça (6-0), un record qui tient encore aujourd’hui. Les années qui suivent, voit un FC Barcelone se rendre coup pour coup avec le grand Real Madrid tandis que l’Espanyol tente quelques coups d’éclats sur la scène nationale.

Depuis la saison 2000-2001, l’Espanyol n’a gagné que trois derbys contre le FC Barcelone. Avec 22 victoires depuis le début du XXIè siècle, les blaugranas mènent la danse. Cela se ressent également dans le nombre de « socios » des deux équipes : les taux de remplissage des deux stades sont très différents, environ 80% pour le FC Barcelone contre 50% de moyenne pour le stade de l’Espanyol situé à Cornellà. Gérard Piqué, le défenseur barcelonais a crée la polémique en janvier 2016 en citant : “ils (les joueurs de l’Espanyol) se font appeler la ‘minorité merveilleuse’, et bien j’espère qu’au moins ils rempliront le stade au match retour et qu’ils ne seront pas autant une minorité que l’autre jour où le stade n’était même pas plein“.

Aujourd’hui, nous assistons à un antagonisme toujours présent mais également à une rivalité finissante. L’explication est toute choisie : la différence entre les deux équipes est trop importante. Pourtant, alors que les supporters « blaugranas » regardent chaque année en direction de l’Europe et que les aficionados de l’Espanyol regardent vers le bas pour se maintenir en championnat d’Espagne, il n’est pas rare de voir quelques moments historiques…

« Le Tamudazo »

Connaissiez-vous le « coup de Tamudo » ? Ce but historique reste un traumastime important pour le FC Barcelona. Pour l’Espanyol, souvent dans l’ombre des blaugranas, c’est un fait de gloire.

C’est en 2006-2007, que l’attaquant, Raul Tamudo joue un mauvais tour au Barça afin d’y chercher un match nul in-extremis (2-2). C’est lors de l’avant dernière journée de Liga au Camp Nou, que les joueurs de l’Espanyol permettent au Real Madrid de devenir champion d’Espagne au dépend du FC Barcelone.

Un derby qui marque des différences politiques

C’est plutôt en politique qu’en cause footballistique qu’on retrouve aujourd’hui une opposition apparente. Depuis quelques années et la montée de l’indépendantisme catalan, la rivalité est remonté d’un cran  entre aficionados des deux camps.

Un peu d’histoire :

Tout cela remonte à la création des deux clubs au début du XXème siècle. Le FC Barcelona est alors crée par un Suisse et l’Espanyol, comme son nom le suggère, par des espagnols. En somme, le melting-pot barcelonais contre le nationalisme espagnol.

Aujourd’hui, l’Espanyol est plutôt considéré comme favorable à Madrid tandis que le FC Barcelone se porte comme le symbole de l’identité catalane. Pour certains, le FC Barcelona serait le symbole de l’indépendantisme catalan et l’Espanyol, le symbole du gouvernement espagnol, voire lié à la dictature franquiste. C’est d’ailleurs à l’époque franquiste, que Franco ordonna de faire capoter le transfert d’Alfredo di Stefano vers le FC Barcelone alors que le club barcelonais avait acheté les droits du joueur argentin.

Du coté de l’Espanyol, une partie des tribunes était très connu pour appartenir à la mouvance d’extrême droite. C’est en 1985 que naissent les « Brigadas Blanquiazules », inspirés des ultras de la Lazio de Rome. Les brigades étaient craintes lors de tous les déplacements de l’Espanyol mais elles furent dissoutes en 2010. Pourtant, l’extrême droite reste présente dans les tribunes, Dani Alves et Neymar ont subi plusieurs cris de singe et lancers de bananes en 2014.

Bien que le derby entre l’Espanyol et le FC Barcelone est de moins en moins attrayant footballistiquement, cette rivalité à ce quelque chose, cette rivalité politique, cette rivalité entre deux clubs voisins qui ne redeviendront jamais amis, s’ils l’ont été un jour…

Martin Pons

Martin Pons

Commercial, diplômé d’un Master Management du Sport au sein de l’Université de Caen, à travers ses expériences françaises, maltaises et espagnoles, il a acquis de solides bases en communication, marketing et commerce.
Martin Pons

Martin Pons

Commercial, diplômé d’un Master Management du Sport au sein de l’Université de Caen, à travers ses expériences françaises, maltaises et espagnoles, il a acquis de solides bases en communication, marketing et commerce.

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